Quels sont les plans des partis francophones en matière de mobilité partagée ?

08/05/2024

Quel que soit le test électoral que vous fassiez ou le débat que vous suiviez : le thème de la mobilité partagée n’est pas souvent au premier plan. Les partis ont pourtant des visions divergentes à cet égard. Nous décortiquons les programmes des partis francophones et récapitulons pour vous toutes leurs promesses.

Quel parti fait-il le plus de promesses ?

Bonne nouvelle : tous les partis politiques francophones prêtent attention à la mobilité partagée dans leurs programmes. Si vous recourez à la mobilité partagée, tous les partis ont donc quelque-chose pour vous. Les types de mesures varient fortement : certains partis veulent convaincre le public de passer à la mobilité durable sans toucher à la voiture privée ou de société. Selon notre expérience, cette approche est moins efficace qu’une politique qui opte clairement pour la mobilité durable.  

De manière frappante, les partis francophones sont généralement plus préoccupés par la mobilité partagée que leurs homologues néerlandophones, alors que la mobilité partagée est toujours beaucoup moins développée en Wallonie qu’à Bruxelles et en Flandre.  

PS

Le parti qui accorde le plus d’attention, dans son programme, à la mobilité partagée est le PS. Concrètement, il propose notamment ce qui suit :

  • Encourager les prestataires d’autopartage à élargir leur aire d’activité et à proposer un tarif plus avantageux à certains utilisateurs ;
  • Accorder des incitants fiscaux aux entreprises qui mettent des véhicules partagés à la disposition de leur personnel ;
  • Promouvoir la mobilité partagée entre voisins et travailleurs ;
  • Développer un cadre fiscal clair et stimulant pour la mobilité partagée. Il pourrait, par exemple, s’agir d’un taux de TVA réduit ou d’une déduction fiscale pour les voitures de société partagées ;
  • Élaborer un plan d’action pour la mobilité partagée, en concertation avec les communes ;
  • Déployer des points Mob avec les communes ;
  • Développer un système MaaS (Mobility-as-a-Service).

Le PS ne fait pas de promesses spécifiques pour la Région de Bruxelles-Capitale.

Ecolo

Ecolo fait également les promesses de rigueur en matière de mobilité partagée. Plus précisément, Ecolo souhaite :

  • faire en sorte que tout le monde dispose d’une offre de voitures partagées à proximité de son domicile ou de son lieu de travail, ou près des gares ;
  • veiller à ce que les autorités publiques établissent et mettent en œuvre un plan de mobilité partagée ;
  • mettre en place un cadre fiscal favorable au développement de l’autopartage entre particuliers.

Le parti veut par ailleurs mettre fin à l’appui fiscal dont bénéficie la voiture de société, réaliser 15 milliards d’investissements publics durables (y compris en matière de mobilité partagée) et, spécifiquement pour Bruxelles, mettre en place le pass MultiMobil qui combine différents modes de transport en un seul billet.

Les Engagés

Les Engagés, parti centriste, accorde également de l’attention à la mobilité partagée dans son programme. Le parti souhaite étendre la carte de la mobilité partagée en :

  • organisant des points Mob ;
  • développant une application-MaaS publique, reposant sur Floya à Bruxelles ;
  • prévoyant au moins un emplacement de mobilité partagée (voiture, vélo, trottinette) dans toutes les gares et aux principaux arrêts de métro, de tram et d’autobus ;
  • favorisant l’offre de voitures partagées dans les communes, par l’intermédiaire des règlements urbanistiques ;
  • réduisant la TVA sur l’autopartage de 21 à 6 %.

Le parti formule également de nombreuses propositions concernant le covoiturage.  

PTB

Le PTB prête également attention à la mobilité partagée, bien que ses priorités soient distinctes de celles d’Ecolo et du PS. À titre d’exemple, ce parti promet de :

  • mettre en place une plateforme nationale de covoiturage et d’autopartage ;
  • pourvoir de vélos partagés toutes les gares ;
  • donner à tous l’accès à un vélo, en encourageant les villes et les communes à fournir des vélos publics partagés.

Le parti veut également miser sur des transports publics de meilleure qualité et plus accessibles, bien que le PTB préconise également d’arrêter de faire la chasse aux personnes qui ont besoin d’une voiture. Il s’oppose ainsi à une taxe kilométrique. 

MR

Le MR inclut également la mobilité partagée dans son programme. Le parti veut :

  • la liberté du choix des moyens de transport, ainsi que le développement de plateformes multimodales ;
  • le développement d’un portail pour la promotion du covoiturage et de l’autopartage ;
  • spécifiquement pour la Région de Bruxelles-Capitale, le MR souhaite un rappel des règles existantes concernant les vélos et les trottinettes partagés.

Le MR prête attention au budget mobilité. Aujourd’hui, il n’est possible d’utiliser celui-ci pour rembourser votre prêt que si vous habitez à moins de 10 km de votre lieu de travail. Le MR souhaite lever cette restriction afin de rendre le budget mobilité plus attractif.

DéFi

La mobilité partagée est également un thème abordé par DéFi, bien que de manière limitée. Concrètement, le parti souhaite que :

  • la mobilité de demain évolue vers des modes de transport plus propres et plus partagés ;
  • une plateforme MaaS permettant de planifier, réserver et payer au moyen d’une seule application soit mise en place.

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